Permaculture,  potager

Comment dynamiser le sol à la ferme Wilmary:

Formation agroécologie à la ferme de Wilmary

C’est un heureux hasard qui nous a amené chez Wilmary, une colombienne basée à Tourves! Sa ferme se trouve seulement à 30 km de chez nous mais il a fallut que Mara la sœur de Matthieu nous passe un livre sur « la France rurale qui bouge » pour que nous apprenions son existence et que nous la contactions. Nous décidons de faire une formation avec elle, nous nous disons que le destin nous a amené ici et qu’au vue de l’entorse de cheville d’Estelle, c’est un bon moyen d’attendre sa guérison. Nous avons alors pu passer 2 semaines dans cette ferme en maraichage agroécologique.

Nous étions une dizaine à suivre la formation de Wilmary, nous rencontrons des personnes de tous les âges et de tous profil lors de ce stage.

Ce fut alors le début d’une belle aventure en communauté, rythmé de discutions plus enrichissantes les unes que les autres, de rires, de bons repas frais et colorés et bien sûr de permaculture !

Les journées étaient composées de travaux pratiques et de théories. Les travaux pratiques nous faisaient mettre les mains dans la terre, développer l’observation du potager en regardant l’état de la terre, des feuilles des plants, des insectes… ensuite nous étudions la permaculture et son design. Mais aussi l’importance du mycélium, ce champignon qui crée un réseau entre les plantes et les aident à communiquer entre elles et à se nourrir en symbiose. Et enfin la structure d’un sol vivant (agroécologie), comment nourrir le sol et donc les plantes, c’est à dire comment avoir une terre en bonne santé capable de garder l’eau et les nutriments sans érosion. En effet, les modes de cultures conventionnelle, c’est à dire la monoculture associée au retournement du sol est un vrai génocide du vivant qui se traduit par la perte des nutriments du sol rendant le sol caillouteux à long terme et inerte !

Structure du sol / agroécologie

Il faut savoir que dans la terre il y a plusieurs couches:

  • La 1ère est l’humus, la terre la plus fertile, celle où se décomposent les feuilles mortes, bouts de bois, grâce au champignons et aux bactéries. Elle fait environs 30 cm.
  • La 2ème couche est la couche d’accumulation.
  • La couche la plus profonde est la roche mère. Seul les racines des arbres parviennent à puiser des minéraux dans cette roche.

Dans chaque couches il y a des insectes, vers de terres, bactéries, champignons différents. Si nous retournons les couches, nous mettrons la terre fertile au fond, tuer les vers et insectes qui ne se retrouve plus au bon endroit, tuer les bactéries qui aident les végétaux à capter les minéraux dans le sol car ils se retrouvent sans oxygène, déstructurer le sol qui ne retiendra plus l’eau pendant la pluie et laissera partir les bons nutriments. Pour avoir une bonne production on sera donc obligé de rajouter des engrais chimiques (qui coûte de l’argent), les plantes auront des maladies car elles auront des carences en nutriments et il faudra donc acheter des anti-fongiques (qui coûte encore de l’argent et qui vont finir de tuer les reste de champignons qui pouvaient aider les plantes). Les monocultures vont attirer un type d’insecte en masse et il faudra donc rajouter des insecticides (qui coûte encore plus d’argent)… C’est un cercle vicieux infernal que vivent les agriculteurs de nos jours. Ce système coûte plus d’argent et nous fait manger des légumes bourrés de produits chimiques…

L’agroécologie (agriculture en sol vivant) apprend à structurer le sol, à le nourrir. Au final, la technique récrée le même phénomène qui se passe dans les forêts: le système parfait car autofertile (qui a déjà vu une forêt avoir besoin d’engrais ?). En rajoutant de la matière organique en surface ( feuille, paille, tonte d’herbe, broyat…), on laisse travailler la faune du sol qui équilibre le sol avec pour objectif de créer le même humus du sol que dans une forêt (un sol noir parcouru par le mycélium blanc).

Recette de préparation dynamisante du sol

En bonus, la recette pour dynamiser le sol de votre potager avec des bactérie, du mycélium et pleins de minéraux et oligo-éléments !

Il vous faut:

  • De la terre de forêt (ou un endroit sauvage) où se trouve du mycélium (blanc)
  • Des peaux de bananes (potassium, magnésium…)
  • Des coquilles d’œufs (calcium et autres minéraux)
  • De la levures pour multiplier les bactéries
  • Du sucre ou sirop d’agave pour nourrir et multiplier les champignons et bactéries
  • Du lait pour multiplier les bactéries et champignons grâce aux hormones de croissance qu’il contient
  • Des plantes fraichement coupées pour l’azote
  • Du marc de café pour l’acidité (Pas beaucoup)
  • Vous pouvez rajouter si vous le souhaitez, et que vous ne prenez pas de médicaments, de l’urine pour les minéraux et l’azote

Mélanger un peu de tout dans de l’eau à l’abri du soleil. Pour éviter que des insectes tel que les moustiques pondent dans votre macération vous pouvez mettre de l’huile qui fera une couche protectrice en surface.

Après macération pendant 5 jours à l’ombre, le mélange (qui pue bien !) est dilué à raison d’un tiers d’eau pour 2/3 de macération. Bien remuer avant de récupérer la macération (le mieux étant d’utiliser un bidon avec robinet en bas pour filtrer). On arrose à l’arrosoir les planches de culture avec cet engrais qui permet de doper la microfaune du sol.

Et au bout de ces 2 semaines nous sommes repartis avec une attestation de formation en Permaculture et Agroécologie !

Nous souhaitons remercier chaleureusement Wilmary, Felipe et les autres stagiaires pour ce merveilleux moment de partage que nous avons passé avec eux !

Pour notre part, nous partons bientôt en dehors de la France !!

A bientôt pour de nouvelles aventures mobiles cette fois !

Matthieu & Estelle


Bibliographie

Un commentaire

  • Guy

    Super intéressant votre article. J’observerai votre potager avec un autre œil !!! Je vous adresse de grosses bises et vous souhaite plein de découvertes durant votre voyage !!!

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