Cyclotourisme,  Suisse

Le canton de berne (Emmental) et la Suisse primitive (Lucerne)

Bienne et Soleure

En quittant le lac de Neuchâtel, nous rejoignons la partie germanophone de la Suisse avec tout d’abord la ville de Bienne/Biel qui est complètement bilingue. La moitié de la population est germanophone l’autre francophone, bienvenue dans le canton de Berne dont les habitants se voient affublés de l’expression suisse « lent comme un bernois ». Effectivement une de nos hôte de camping nous a fait pensé à cela mais comme pour toute les généralités, ce n’est pas toujours le cas !

Nous faisons une pause pizza à Soleure qui est une très jolie ville typique de l’architecture suisse des plaines avec des influences germaniques qui font penser à Strasbourg ! Le tronçon vélo entre Bienne et Soleure est un des plus réputés de suisse de par la typicité des paysages rencontrés. Nous avons aussi (re)constaté que l’eau en suisse allemande est absolument payante dans les restaurants, que ce soit pour un pichet du robinet ou de l’eau minéral ce qui nous a valu la bonne humeur du restaurateur… bref, mieux vaut prendre sa gourde et ne rien demander!

La vallée de l’Emmental

Après cette halte, nous voici en direction de la vallée de l’Emmental, nous quittons alors la plaine (le nord de la suisse) pour entrer dans les montagnes (au sud), l’architecture devient moins aristocratique et plus rurale. Les fermes sont typiquement bernoises: de grandes bâtisses en bois de 2/3 étages avec des toits à 4 pentes et souvent des façades joliment sculptées. Les bâtiments datent parfois de plusieurs siècles, les jardins sont souvent magnifiques et très « clean » ( la fameuse rigueur suisse allemande).

La vallée de l’Emmental est connue pour son fromage copié depuis en France et qui accompagne souvent nos pâtes. Malheureusement, nous français mélangeons souvent l’emmental avec le gruyère venant de la région éponyme et que nous avons frôlé au début du lac de Neuchâtel. Sauf que l’Emmental a des trous, peu de goût et s’utilise pour les pâtes tandis que le gruyère est sans trou, gouteux car salé et s’utilise traditionnellement dans la fondue suisse moitié moitié (gruyère et vacherin).

Les villages de la vallée de l’emmental que nous suivrons 3 jours durant sont vraiment jolis et nous faisons aussi de belles rencontres. Car pour tenir notre budget en suisse, il nous faut camper régulièrement hors des campings (30 a 45 euros/ nuit). Un soir alors que nous cherchions un spot pour passer la nuit, nous rencontrons Roger intrigué par nos baguages et nous lui demandons s’il connaît un endroit tranquille pour poser la tente, il appelle alors Sonia qui possède un jardin 3 km plus loin. Une fois chez Sonia, elle nous propose son jardin et nous montre des toilettes au 3ème étage en nous disant que l’appartement est inoccupé et que si nous voulons, nous pouvons poser nos matelas. Sonia s’excuse pour le ménage qui n’est pas fait … Mais c’est bien sûr pas ce qui nous gêne et l’orage qui va sévir cette nuit là nous fait apprécier à sa juste valeur ce grand confort qui nous est offert par Sonia! Merci encore pour l’hospitalité bernoise! Le lendemain, après avoir laissé notre lavande en cadeau, nous reprenons la route juste après que la pluie soit passée, les odeurs de sous bois humide sont très agréables ! Nous nous arrêtons ensuite dans une ferme dont le magnifique jardin nous attire l’œil et Jill nous montre volontiers les jardins du trèfle (jardin solidaire au sein d’une ferme en biodynamie).

Une fois encore l’hospitalité bernoise nous a très agréablement surpris!  A nouveau sur la route, le magasin d’usine de la marque de biscuit « kämbli » manifestement très appréciée en suisse nous fait saliver et nous repartons avec une vache en bois sculptée et de très bon biscuits palmiers! 

Le soir nous trouvons sur la carte touristique d’Escholzmatt un emplacement de barbecue (feuerstelle) parfaitement localisé au sommet d’une colline, avec des tables abritées de la pluie et du bois à disposition. Cela nous permet de changer l’ordinaire et de se faire quelques grillades! Nous chercherons par la suite avec succès plusieurs emplacements de ce type qui nous permettrons de passer de belles soirées ! Notre dernière journée en Emmental nous fait bien transpirer car la route vélo passe dans de très jolis villages qui sont plutôt hauts perchés avec des déclivités de 8%! On s’entraîne pour la suite! Nous finissons la journée dans la très touristique ville de Lucerne et nous quittons alors le canton de Berne. 

Pendant notre passage dans le canton de berne nous avons pu remarquer une coutume locale qui consiste a afficher des dessins en l’honneur des bébés nés sur des panneaux en bois (souvent des animaux ou des bébés stylisés). Cela donne une belle ambiance ! Nous ne verrons plus celà par la suite.

Lucerne

Lucerne est une ville située au bord du lac des 4 cantons, dénommée ainsi car ce lac est bordé par les cantons d’Uri, Schwytz, Lucerne et d’Unterwalden (qui réunit 2 demis cantons).
C’est la région qui a vu naitre en l’an 1291 la confédération helvétique (pacte signé par les 3 cantons primitifs ci dessus sauf Lucerne) et qui fut rejoint par de nombreux autres cantons au fil des siècles suivants (26 actuellement). C’est le canton de Schwytz qui a donné le nom au pays ainsi que la croix de son drapeau. Grâce au coronavirus nous pouvons profiter tranquillement du plus vieux pont en bois de la ville sans la cohorte de visiteurs asiatiques pour qui la ville est un passage obligé de leur tour express de Suisse! Les habitants nous disent aussi être contents de voir des français curieux de la culture local à la place des photographes frénétiques asiatiques.

Le chemin de ronde qui surplombe la ville de Lucerne offre une magnifique vue et l’occasion d’admirer la finesse de construction de vieilles horloges qui ont fait une partie de la richesse de la ville. Les mécanismes permettaient ainsi de faire sonner les cloches en utilisant simplement des poids. Évidemment nos horloges modernes sont plus précises mais la simplicité technologique de ces objets laissent pantois !
Nous décidons de reposer nos jambes en passant deux nuits à Lucerne, ce qui nous permet de profiter de la ville et de son lac.

Multilinguisme et fédéralisme Suisse

Matthieu parfait ainsi sa connaissance du suisse allemand qui est une langue distincte de l’Allemand, qui a de plus la fâcheuse tendance d’être différentes suivant les vallées! Ce qui est intéressant est de voir à quel point la France a déployé de l’énergie a détruire les particularités linguistiques (provençal, bretons, basques…) lié a son régime politique centralisé. La suisse en construisant sa Confédération principalement par adhésion et non par annexion a conservée une grande diversité culturelle et linguistique faisant ainsi sa richesse. La plupart des suisses sont également bilingues et des séjours dans des cantons de langues autres sont souvent organisés par les parents afin que leurs enfants s’exercent. Les quatre langues officielles suisses sont l’allemand, le français, l’italien et le romanche.

Les opinions s’affichent aussi librement sur les balcons des maisons avec le soutien aux prochains referendum qui ont lieux plusieurs fois par an et peuvent être proposés par n’importe quel parti politique.

Réseau ferroviaire Suisse

Autres particularité typiquement suisse: l’État du réseau ferroviaire (bien entretenu, presque chaque ville a sa gare) et la création récentes de nouvelles lignes (près de Neuchâtel) ou de tunnel (Vareina dans les grisons, Gotthard: 58km!!, Lötschberg…). Cette vitalité permet de mettre tous les camions transitant par la Suisse sur le rail ainsi que de nombreuses voitures. Comme quoi, cela est beaucoup affaire de choix politique et la France ferait bien de s’inspirer de ce modèle pour construire une économie décarbonée et rendre à nouveau attractif des territoires complètement délaissés.

Ade !

Estelle & Matthieu

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