Bonjour à tous
Vous savez que depuis 5 ans nous nous occupons de l’œuvre antituberculeuse des Bouches du Rhône. Bernard en tant que président a été convié pour faire un discours à l’école d’infirmière IFSI la Blancarde pour ses 100 ans car Paul Desbief a aussi contribué à la naissance de cette école.
Voici le discours qu’il a prononcé. C’est l’histoire de votre famille c’est pourquoi je me permets de vous l’envoyer. Vous pouvez être fier de votre ancêtre et moi j’étais fière de mon Nanard ?
(diapo) bonjour,,,
C’est avec une grande émotion que je suis là aujourd’hui,,, car voici cent un an ,,,, en 1920,,, mon arrière grand oncle ,,,,Paul DESBIEF,,,, ( diapo) était nommé président d’honneur de l’école d’infirmières visiteuses qui deviendra donc plus tard cet Institut de Formation en Soins Infirmiers de La Blancarde.
L’histoire a démarré en 1900,,,, quand le Professeur Constantin Oddo et le Docteur Gauthier médecins des services sanitaires de Marseille,,, prirent l’initiative de lutter contre la tuberculose à Marseille.
Autour d’eux Henri Bergasse,,, Paul Desbief,,, Edouard Velten,,, le professeur d’Astros…
Ensemble,,, ils décident de la création d’une association qui permettra de créer des dispensaires afin de recueillir et soigner les tuberculeux.
Au départ cette association ne recevait aucune subvention et c’est grâce à la générosité des donateurs que l’Oeuvre Antituberculeuse a vu le jour.
L’oeuvre est reconnue d’utilité publique en 1904 et prend le nom « d’Œuvre antituberculeuse des Bouches du Rhône et Comité départemental d’assistance aux militaires réformés pour tuberculose »
Elle est officiellement constituée en 1903 sous la présidence de Paul DESBIEF et tient sa première assemblée générale
( diapo ) le 16 mai 1904.
Pour information,,, Paul DESBIEF était à l’époque aussi Président de la Chambre de commerce et Président des Raffineries Saint Louis.
Le premier dispensaire antituberculeux,,, créé sur le modèle de celui récemment mis en place à Lille par Calmette,,, ouvre ses portes à Arenc ( diapo) dans les Quartiers Nord de Marseille,,, boulevard Ferdinand de Lesseps.
D’autres dispensaires seront créés par la suite à Marseille,,, Aix et Arles.
Ces dispensaires accueillent 147 malades reconnus tuberculeux en 1903,,, 157 en 1913,,, 3917 en 1934…….
Devant le nombre de malades grandissant ,,, l’Oeuvre a besoin de personnel et la bonne volonté des bénévoles ne suffit pas.
C’est donc en février 1920 que Le Docteur Oddo,,, alors vice- président de l’Oeuvre Antituberculeuse ,,, explique la difficulté de recruter des infirmières visiteuses dans les dispensaires des différents Comités départementaux et exprime sa volonté de créer des écoles régionales où seraient étudiées l’hygiène antituberculeuse,,, l’hygiène infantile et l’hygiène sociale .
Ces écoles seraient destinées à former des infirmières professionnelles qui travailleraient dans les dispensaires.
Après Paris,,, Lyon,,, Lille,,, Nantes et Strasbourg,,, il propose que Marseille devienne l’école régionale du Sud-Est,,,
et en 1920 « l’école d’infirmières visiteuses » ouvre ses portes sous la présidence de Mme Thibon (femme du préfet des BdR) avec l’aide de Mme Oddo (femme de Constantin Oddo). (diapo)
Elle dispense ses premiers cours au siège social de l’Oeuvre au 38 rue de la République et la formation dure 10 mois.
( diapo)
En juin 1922,,, l’école est rattachée à l’Oeuvre ,,, tout en conservant son autonomie,,, ce qui lui confère une reconnaissance officielle administrative d’existence.
– L’Oeuvre avance quand nécessaire les subventions prévues par le Conseil général des Bouches-du-Rhône
– l’Oeuvre met à disposition ses dispensaires (notamment celui des Chartreux (Bd Philippon),,, et Arenc) pour la formation pratique des premières élèves infirmières visiteuses : certaines monitrices de l’école travaillent aussi dans ces dispensaires.
– l’Oeuvre participe aux démarches de mise en place d’un internat pour l’école
– jusqu’en 1927 l’oeuvre prend en charge le salaire des monitrices non affectées à un dispensaire
Enfin,,, En 1930,,, l’Oeuvre acquiert un immeuble au Boulevard de la Blancarde en vue de son affectation à l’école d’infirmières-visiteuses,,, grâce à un emprunt auprès de la Caisse d’Epargne. Elle sera officiellement inaugurée en 1933.
En décembre 1944 : l’école n’est plus rattachée à l’Oeuvre et rachète l’immeuble du boulevard de la Blancarde
Voilà en quelques mots l’histoire de la création de l’Oeuvre et de l’école d’infirmières ,,, créations qui n’auraient pas vu le jour si la tuberculose,,, fléau connu de longue date,,, ne s’était pas propagée dans notre pays au 19eme siècle.
Aussi vieille que l’humanité,,, elle existait déjà il y a 3 millions d’années. L’autopsie d’une momie découverte au début du 19ème siècle d’une dame de la haute société de l’Egypte des pharaons a révélé que celle-ci était atteinte de tuberculose 2600 ans avant JC.(diapo)
Dans l’histoire de la lutte contre la tuberculose ,,, des noms sont à retenir :
René Laennec,,, qui en 1819,,, isole la tuberculose par l’auscultation grâce à la création du stéthoscope
Jean Antoine Villemin en 1865,,, démontre que la tuberculose est une maladie transmissible
enfin,,, en 1882 à la suite des travaux de Louis Pasteur,,, Robert Koch ( coque ) met en évidence le bacille tuberculeux à partir de lésions humaines14
L’image de la tuberculose a été romantique pendant le XVIIIe siècle,,, lorsque la maladie n’était pas encore trop répandue,,, on pensait qu’elle était héréditaire,,, qu’elle frappait les êtres sensibles et fragiles et«consumait les êtres brûlants de passion,,,
et ce,,, jusqu’au milieu du XIXe siècle,,, où elle est devenue une épidémie et a été responsable de près d’un quart des décès des adultes en Europe.
( diapo )
En 1902 la tuberculose tue 150.000 personnes par an sur une population de 40 millions habitants. A titre de comparaison la CoVid 19 a tué environ 115.000 personnes sur une population de 67 millions d’habitants
Et c’est en 1921,,, le 18 juillet qu’a lieu la première vaccination à la crèche de la maternelle de l’hôpital de la Charité,,, à Paris. Le pédiatre Benjamin Weil-Hallé vaccine un nouveau-né dont la mère était morte de tuberculose quelques heures après l’accouchement.
Cette vaccination a été étendue à partir de 1924,,, notamment dans les dispensaires.
Mais elle ne suffit pas à enrayer la maladie et à coté de la vaccination,,, des campagnes de prévention ont été menées ,,, notamment sur les gestes à adopter pour éviter la contagion :
( diapo « crachat »……..)
– ne pas cracher par terre
– se laver les mains régulièrement ( pas de gel !) – aérer les pièces à vivre
Le parallèle avec ce que nous avons vécu ces derniers mois et que nous continuons à vivre dans une moindre mesure est bien sur évident.
Aujourd’hui,,, on appelle ça « gestes barrières » mais l’objectif était identique : « PREVENIR LA MALADIE ».
Cette vaccination est devenu obligatoire en 1947 car
en l’absence de traitement,,, une personne atteinte de tuberculose évolutive peut infecter en moyenne 10 à 15 autres personnes en l’espace d’une année.
Aujourd’hui,,, selon l’OMS le nombre de nouveaux cas est estimé à environ 10 millions chaque année.
L’Inde et l’Indonésie sont les pays les plus affectés par la maladie,,, mais d’autres pays,,, notamment en Afrique (Afrique du Sud ou République Démocratique du Congo,,, par exemple) concentrent eux aussi un nombre important de cas ainsi qu’une forte proportion de cas multirésistants.
Dans l’Union Européenne,,, environ 53 000 cas étaient déclarés en 2018 soit un taux d’incidence moyenne estimée à environ 10 cas pour 100 000 habitants par an.
La tuberculose est responsable d’une mortalité importante :
1,4 millions de décès étaient estimés dans le monde en 2018.
Pour notre région,,, en 2020 127 cas de tuberculoses ont été détectés.
Tout ceci nous montre qu’il faut continuer à lutter contre cette maladie et malheureusement l’arrivée de la Covid 19 a ralenti cette lutte.
Selon un article du Monde, paru le 14 octobre, on a constaté une augmentation du nombre de décès due à des ressources consacrées normalement à la tuberculose qui ont été détournées vers les patients atteints de la COvid.19
A notre petit niveau,,, l’Oeuvre Antituberculeuse d’aujourd’hui mène des actions axées sur la prévention pour aider à lutter contre la tuberculose.
Ces actions sont financées par des revenus générés par des loyers de 3 immeubles ,,, anciennement dispensaires,,, loués à ce jour au département pour des utilisations diverses : Centre de Protection pour l’enfance,,, Centre Médico Psycho Pédagogique,,, Centre de lutte antituberculeuse et un autre ensemble immobilier loué à un Institut Médico Educatif.
En effet,,, l’Oeuvre qui agit depuis 1903,,, a toujours gardé dans ses statuts cet objectif.
Durant ces dernières années,,, l’Oeuvre a financé des formations de médecins en provenance du Bénin,,, du Mali ou de la République du Congo .
Ces médecins logés à l’hôpital Nord étaient intégrés dans les services du Professeur Astoul à l’hôpital Nord ,,, puis,,, venaient suivre un stage au CLAT ( Centre de lutte antituberculeuse) situé à Arenc.
Ensuite,,, nous avons mené une action avec l’ONG Santé
Sud ,,, et en collaboration avec le PNLT ( plan national de lutte contre la tuberculose) de Madagascar pour former des médecins ruraux à prévenir ,,, diagnostiquer et soigner la tuberculose. ( diapo)
Sur un plan local,,, nous aidons le CLAT pour mener des actions de dépistage de différentes manières :
– en finançant des scanners pour des personnes sans couverture sociale,,,
– en fournissant au CLAT des titres de transport et des chèques service destinés aux personnes vivant dans la rue pour les inciter et leur permettre de se faire dépister.
Récemment,,, nous avons conclu un accord avec le CLAT,,, l’Armée du Salut et le conseil départemental des Bouches du Rhône dont le but est de financer un lit halte soin santé afin de s’assurer qu’un tuberculeux vivant dans la rue suive son traitement jusqu’à son terme.
En effet,,, le problème rencontré est que les personnes porteuses de la maladie ne suivent pas leur traitement durant la période préconisée et redeviennent ainsi contagieuses.
D’autres actions sont en projet,,, toujours dans la prévention,,, notamment avec l’association Soufle-13 .
Pour terminer,,, je profite de ma présence devant ce grand auditoire,,, pour vous dire qu’il il nous serait agréable au sein de notre association,,, d’accueillir dans notre conseil d’administration des personnes relevant de cette école,,, cela nous permettrait de renouer ces liens qui ont été si forts au début du 20eme siècle.
(diapo)
Je vous remercie de votre attention.
MARTINE